Plus de 400 millions de comptes actifs dans le monde, un bouton que les acheteurs reconnaissent sans réfléchir : PayPal a gagné la bataille de la notoriété. Sa grille tarifaire, elle, a vieilli.
La commission standard de PayPal Business monte à 2,90 % + frais fixe par transaction carte. Les nouveaux comptes marchands, eux, peuvent voir leurs fonds bloqués jusqu’à 21 jours (documentation officielle PayPal, mise à jour du 15 juillet 2026). Les concurrents ne règlent pas tous le problème : interface en anglais, facturation en dollars, une couche de conversion invisible sur chaque vente. Cinq alternatives à PayPal échappent à cette liste. Elles facturent en euros avec un support en français, à la portée d’une PME ou d’une agence qui encaisse en ligne.
Sur quels critères comparer les solutions de paiement
Quatre lignes décident de ce que coûte vraiment un prestataire. La commission par transaction, qui varie du simple au double d’un acteur à l’autre. Les frais de conversion devise, presque toujours noyés dans le taux affiché plutôt qu’isolés sur une ligne de facture. Le délai de versement, qui dit combien de jours votre argent dort chez le prestataire avant d’atterrir sur votre compte bancaire. Il devient un vrai sujet dès que vous payez vos propres fournisseurs à 30 jours. Le support en français enfin, décisif le jour où un paiement bloque un client au milieu de son parcours d’achat et où personne dans l’équipe n’a envie d’ouvrir un ticket en anglais.
Le marché ne pardonne pas les frictions à cet endroit. Le e-commerce français a pesé 196,4 milliards d’euros en 2025, en hausse de 7 % sur un an, portée par une progression de 10 % du nombre de transactions, à 3,2 milliards de transactions sur l’année (FEVAD, 2025). Les transactions grimpent donc plus vite que le chiffre d’affaires ; le panier moyen baisse pendant que chaque point de commission pèse un peu plus lourd sur la marge de l’année suivante.
Un checkout qui échoue à la dernière étape coûte plus cher qu’une vente perdue. Il plombe le CVR, donc le ROI campagne de tout le trafic payant amené en amont. Vous payez deux fois.
PayPal Business
2,90 % + frais fixe sur les transactions commerciales standard, quel que soit le pays de l’acheteur au sein de l’Espace économique européen : PayPal ne publie pas de tarif préférentiel spécifique aux transactions intra-EEE entre comptes marchands identifiés. La conversion de devise ajoute 3 % au-dessus du taux de change de base, selon les conditions publiées par PayPal. Sur un compte marchand récent, les premiers paiements peuvent rester suspendus jusqu’à 21 jours, le temps que la plateforme se couvre d’éventuelles réclamations acheteurs.
Reste ce qui explique sa longévité. Le bouton PayPal rassure un acheteur européen en plein parcours client sur une boutique qu’il ne connaît pas, au moment précis où il hésite à taper son numéro de carte. En solution unique pour une PME au volume régulier, le coût grignote la marge plus vite que chez les cinq acteurs suivants.
Stripe
Chez Stripe, la carte émise dans l’Union européenne passe à 1,5 % + 0,25 € par transaction, la carte hors UE à 3,25 % + 0,25 €. La conversion de devise n’apparaît sur aucune ligne séparée : elle est absorbée dans le taux de change appliqué, avec une marge estimée entre 0,5 % et 2 % selon la devise. Le règlement standard suit un cycle de 7 jours calendaires en France, qui se raccourcit progressivement une fois l’historique du compte établi. L’API Stripe couvre les cas tordus, abonnements, marketplaces, paiements fractionnés, à condition d’avoir un développeur sous la main ou un prestataire capable de la brancher.
Mollie
1,2 % + 0,25 € pour les cartes françaises, 1,8 % + 0,25 € pour les cartes européennes, jusqu’à 3,25 % + 0,25 € au-delà de l’Espace économique européen. Aucun frais mensuel, aucun engagement d’exclusivité. Les fonds arrivent en 1 à 3 jours ouvrés. La vraie force de Mollie tient à ses moyens de paiement locaux européens (iDEAL, Bancontact, Klarna), qui évitent de multiplier les intégrations quand vous vendez dans quatre pays de l’UE.
Payplug
Payplug appartient au groupe BPCE et met en avant un support client basé en France, réactif, pensé pour des commerçants sans équipe technique. La grille tarifaire officielle démarre à 1,5 % + 0,25 € sur l’offre Starter, jusqu’à 100 000 € de volume annuel, puis descend à 1,1 % + 0,25 € sur l’offre Pro, de 100 000 € à 1 M€ de volume annuel, sur les cartes particulier en zone euro.
Le versement, lui, demande de la patience : le virement se déclenche sous 24 à 48 heures ouvrées, puis met 2 à 3 jours ouvrés supplémentaires à arriver sur le compte bancaire, week-ends compris jusqu’à 7 jours au total. L’installation prend quelques clics sur Shopify, WooCommerce ou PrestaShop, sans une ligne de code.
SumUp
SumUp vient du commerce physique et ne s’en cache pas. Le terminal Air démarre à 39 €, le modèle 3G autonome à 99 €. Côté commission, comptez 1,75 % par transaction sans abonnement, 0,89 % avec l’offre Paiements Plus à 19 €/mois, 1,25 % pour le paiement en ligne seul via l’offre Pro à 10 €/mois. Les paiements en devise étrangère subissent une majoration de 1,5 %, ce qui porte le total à 3,25 %. La brique en ligne complète le terminal sans prétendre remplacer une plateforme e-commerce.
GoCardless
GoCardless ne touche jamais à la carte bancaire. Tout passe par le prélèvement automatique, facturé 1 % + 0,20 € par transaction en zone SEPA et plafonné à quelques euros. En zone euro, la conversion devise disparaît de l’équation. Le revenu récurrent tombe sans relance à programmer ni carte à remplacer tous les trois ans. L’entreprise revendique un taux de réussite de 97 % dès la première tentative de prélèvement.
Une agence qui facture ses clients chaque mois y gagne surtout du temps de relance : le mandat signé une fois travaille tout seul. Pour une vente ponctuelle en boutique, la signature du mandat ajoute une friction que personne n’a envie d’expliquer au client.
Et sans équipe technique en interne ?
L’objection tombe presque toujours au moment de choisir : ces solutions seraient conçues pour des plateformes internationales avec des développeurs à demeure, hors de portée d’une structure de 10 à 15 salariés. Les grilles tarifaires disent l’inverse. Payplug s’installe en quelques clics sur les principaux CMS e-commerce, sans une ligne de code. Mollie offre le même niveau d’intégration, avec un support qui répond en français. SumUp ouvre un compte avec un simple SIRET. Aucune des trois ne facture en dollars, aucune n’exige de volume minimum mensuel pour rester éligible aux tarifs affichés.

| Critère | PayPal Business | Stripe | Mollie | Payplug | SumUp | GoCardless |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Commission carte standard | 2,90 % + fixe | 1,5 % + 0,25 € (UE) | 1,2 % + 0,25 € (FR) | 1,1 à 1,5 % + 0,25 € | 1,75 % sans abonnement | 1 % + 0,20 € (SEPA) |
| Frais de conversion devise | +3 % sur taux de base | 0,5 à 2 % intégré au taux | Tarif majoré cartes hors UE | Non pertinent en zone euro | +1,5 % (total 3,25 %) | Non applicable (SEPA) |
| Délai de versement | Jusqu’à 21 jours (nouveau compte) | 7 jours calendaires (standard) | 1 à 3 jours ouvrés | Jusqu’à 7 jours | Variable selon offre | Selon échéance du prélèvement |
| Support client FR | Oui, centre international | Documentation FR, support en ligne | Oui, opère en France | Oui, basé en France | Oui | Oui |
| Profil PME / agence adapté | Complément international | Agence avec devs, API riche | E-commerce multi-pays UE | TPE sans équipe technique | Commerce physique + en ligne | Facturation récurrente B2B |
Un mandat SEPA signé une fois continue de prélever quand la carte du client expire, quand il change de banque, quand il oublie l’échéance. Les 97 % de réussite revendiqués par GoCardless se jouent d’abord là.
Le verdict selon votre profil
Le bon choix se lit dans la structure de votre chiffre d’affaires : facturation récurrente ou vente ponctuelle. La zone de vente compte autant, entre le marché français seul et l’ensemble de l’UE. La présence d’un développeur dans l’équipe tranche le reste.
- E-commerce PME qui vend dans plusieurs pays de l’UE : Mollie, pour ses moyens de paiement locaux et l’absence de frais fixes.
- Agence qui facture ses clients au mois ou à l’abonnement : GoCardless pour le récurrent, complété par Stripe pour les paiements ponctuels par carte.
- TPE sans service technique en interne : Payplug, pour l’intégration no-code et le support basé en France.
- Vente à l’international auprès d’acheteurs peu familiers de votre marque : PayPal en option complémentaire au moment du paiement, jamais en solution unique.
- Commerce physique avec une activité en ligne annexe : SumUp, pour le terminal et l’offre en ligne à petit prix.
Un paramètre échappe au tableau : le coût de la migration. Changer de prestataire oblige à refaire les tests de paiement, à réinscrire les clients existants sur un nouveau mandat, puis à vivre quelques semaines de double facturation le temps que les abonnements basculent. Faites le calcul avant de bouger. Sur 50 000 € encaissés dans l’année, passer de 2,90 % à 1,5 % rend environ 700 € de commission, à mettre en face du chantier et des heures d’équipe qu’il consomme.
Reste Wero, le portefeuille de paiement paneuropéen porté par l’European Payments Initiative, disponible en paiement e-commerce chez plusieurs grands commerçants français depuis janvier 2026, avec une extension au paiement NFC en magasin prévue d’ici la fin d’année 2026. Trop tôt pour l’intégrer, assez proche pour le garder dans un coin de tête.
