Comment configurer une campagne Demand Gen sur Google Ads sans cramer le budget test en une semaine ? La réponse tient à 3 réglages posés dès le départ. Les placements se limitent à YouTube et Discover au lancement. Le budget journalier démarre à 50 € minimum, avec l’enchère « Maximiser les conversions » tant que le compte n’a pas atteint 50 conversions sur 35 jours. Depuis mars 2024, toutes les campagnes Discovery ont été migrées automatiquement vers Demand Gen. Depuis mars 2025, les campagnes Video Action ont basculé sur ce même format, sans qu’aucun annonceur n’ait rien demandé. Le canal diffuse désormais sur YouTube et sur le fil Discover. Gmail et le Réseau Display complètent la diffusion, pour une couverture qui touche plus de 3 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois. Pour une PME qui arbitre un budget marketing limité entre 5 canaux, le test se joue sur la configuration : mal réglé, Demand Gen absorbe le budget des autres canaux en quelques jours.
Ce qui distingue Demand Gen, Discovery et Performance Max
Discovery diffusait sur le fil Google Discover et Gmail. Demand Gen ajoute YouTube et le Réseau Display. Il introduit aussi le ciblage New Customer Only Mode. Performance Max, lui, distribue partout sans contrôle par canal.
| Critère | Discovery (supprimé) | Demand Gen | Performance Max |
|---|---|---|---|
| Placements | Discover, Gmail | YouTube, Discover, Gmail, Display | Tous canaux Google |
| Formats vidéo | Non | Oui (In-Stream, Shorts, vertical) | Oui |
| Audiences lookalike | Non | Oui (3 niveaux) | Oui (via Signal) |
| Contrôle des placements | Limité | Sélection par canal | Minimal |
| Objectif principal | Notoriété / trafic | Mid-funnel / conversions | Conversions / ROAS |
| Stratégies d’enchères | Max conversions | Max clics, Max conversions, tCPA, tROAS | Max valeur, tROAS |
Pour une PME, ce qui compte est le choix des placements.
Configurer une campagne Demand Gen étape par étape
Comptez 30 à 45 minutes pour la première configuration.
- Dans Google Ads, ouvrez Campagnes puis + Nouvelle campagne. Choisissez l’objectif « Notoriété et considération » ou « Trafic vers le site Web », puis sélectionnez le type « Génération de la demande ».
- Configurez les enchères. En dessous de 50 conversions sur les 35 derniers jours, retenez « Maximiser les conversions » sans tCPA : le tROAS ne fonctionne correctement qu’au-delà de ce volume. Sous ce seuil, l’algorithme manque de données et sous-dépense systématiquement.
- Fixez le budget. Un minimum de 50 €/jour permet à l’algorithme de sortir de la phase d’apprentissage. Pour un premier test, prévoyez 1 500 € sur un mois. Avec un tCPA cible de 30 €, le budget journalier recommandé grimpe à 450 € (15 fois le tCPA cible).
- Choisissez les placements. Décochez le Réseau Display au lancement. Gardez YouTube et Discover actifs et n’ajoutez Gmail que si l’offre a du sens en contexte email.
- Configurez les audiences lookalike, détaillées juste après.
- Ajoutez les créations. Une annonce Demand Gen accepte des images (carrousel horizontal, portrait 4:5, carré 1:1) et des vidéos (16:9, 1:1, 9:16 pour Shorts). Chargez au moins 3 variantes visuelles par format.
Cibler avec les segments lookalike
Les audiences lookalike de Demand Gen partent d’une liste source (seed list) : base clients, liste d’emails, visiteurs du site, acheteurs. Google construit ensuite un segment de profils similaires parmi ses utilisateurs.
- Narrow (Étroit) cible 2,5% des utilisateurs les plus proches de la liste source : volume faible, pertinence maximale.
- Balanced (Équilibré) cible 5% des utilisateurs. C’est le paramètre par défaut, recommandé pour une première campagne.
- Broad (Large) cible 10% des utilisateurs : volume plus élevé, affinité plus faible.
Le segment doit s’appuyer sur au minimum 1 000 contacts valides pour s’activer. Comptez 48 heures après le chargement de la liste avant de lancer la campagne.
Balanced reste le point de départ le plus sûr pour la majorité des PME. Direction Narrow si le ROAS est positif et que l’objectif devient d’améliorer le taux de conversion. Direction Broad si le volume est insuffisant pour nourrir l’algorithme d’enchères.
Le New Customer Only Mode exclut les clients existants du ciblage. D’après les données Google publiées en 2025, ce mode améliore le ratio nouveaux/anciens clients de 11,5% en moyenne, avec une baisse de 3% du coût d’acquisition sur les nouveaux clients.
Créations : formats, spécifications et bonnes pratiques
Demand Gen est un canal visuel. Une image produit en 72 dpi sur fond blanc ne produit pas les mêmes résultats qu’une création pensée pour le scroll. C’est souvent là que le budget part sans laisser de trace.
| Format | Ratio | Taille min | Placement principal |
|---|---|---|---|
| Image paysage | 1,91:1 | 600 × 314 px | Discover, Display |
| Image carrée | 1:1 | 300 × 300 px | Discover, Gmail, Display |
| Image portrait | 4:5 | 480 × 600 px | YouTube Shorts, Display mobile |
| Vidéo horizontale | 16:9 | 1280 × 720 px | YouTube In-Stream |
| Vidéo verticale | 9:16 | 720 × 1280 px | YouTube Shorts |
| Vidéo carrée | 1:1 | 480 × 480 px | Display, Discover |
Les partenariats avec des créateurs YouTube restent une option avancée. Les données Google du premier semestre 2025 montrent que les annonces diffusées sur l’inventaire Shorts via un partenariat créateur génèrent en moyenne 30% de conversion lift supplémentaire, à CPA constant. L’option est accessible depuis « Partenaires de contenu YouTube » dans les paramètres de campagne.
Chargez au moins 3 images par ratio et 2 vidéos par format : l’algorithme teste les combinaisons et favorise les créations les plus performantes. Une force d’annonce inférieure à « Bonne » réduit la diffusion de façon significative, à vérifier dans l’interface avant publication. Pour juger de la performance réelle des créations plutôt que du seul score d’interface, croisez les données Google Ads avec les événements de conversion remontés dans GA4 : un carrousel qui capte des clics sans générer d’événement de conversion GA4 côté site attire un trafic mal qualifié, quel que soit son score de force d’annonce.
Mesurer les résultats sans se tromper d’indicateur
L’erreur la plus répandue sur Demand Gen consiste à mesurer un canal mid-funnel avec des métriques bottom-funnel. Regarder le ROAS direct à J+14 pour conclure que le canal ne fonctionne pas revient à mesurer le mauvais signal.
Demand Gen touche des utilisateurs qui ne cherchent pas encore le produit. D’après le rapport Demand Gen Drop publié par Google en décembre 2025, 68% des conversions Demand Gen proviennent d’utilisateurs qui n’avaient pas vu d’annonces Search de la même marque dans les 30 jours précédents. Ce sont des conversions que Search ne capte pas.
Ce canal s’appuie sur 3 indicateurs adaptés. Le Brand Lift mesure l’évolution de la notoriété entre un groupe exposé et un groupe contrôle. Le Conversion Lift isole les conversions générées spécifiquement par Demand Gen, indépendamment des autres canaux. Le Search Lift suit la hausse des requêtes de marque sur Google Search après exposition. Pour l’attribution, retenez une fenêtre de 30 jours minimum plutôt que les 7 jours par défaut. Ces 3 outils sont accessibles depuis l’onglet « Mesure » des paramètres de campagne, gratuitement pour toute campagne active.
Les annonceurs qui ont adopté au moins 3 des 4 bonnes pratiques Demand Gen ont enregistré en moyenne plus de 40% de conversions supplémentaires (Google, Demand Gen Drop, février 2026). Sur l’année écoulée, le canal a par ailleurs généré 26% de conversions en plus par dollar investi, porté par plus de 60 améliorations liées à l’IA (Google, Demand Gen Drop, septembre 2025).
Les erreurs qui plombent le ROAS des PME
4 erreurs reviennent dans la majorité des comptes qui sous-performent sur Demand Gen.
Beaucoup de comptes gardent tous les placements actifs dès le lancement. Google active par défaut YouTube, Discover, Gmail, Display et Maps. Réduisez à YouTube et Discover pour les premières semaines : les autres placements ne diluent alors pas le budget avant que l’algorithme ait appris.
Autre piège fréquent, activer le tROAS sans volume de conversions suffisant. Ce mode a besoin d’au moins 50 conversions sur les 35 derniers jours, dont 10 sur les 7 derniers, pour fonctionner correctement. Sous ce seuil, l’algorithme sous-enchérit. La campagne reste alors en sous-diffusion chronique, parfois pendant plusieurs semaines, sans que le compte comprenne pourquoi les impressions stagnent. Démarrez avec « Maximiser les conversions » et basculez en tROAS après 4 à 6 semaines : ce séquencement évite le piège. C’est un renoncement temporaire à l’automatisation la plus poussée, le temps que le compte accumule assez de signal pour que l’algorithme enchérisse juste.
Le mélange entre audiences de remarketing et ciblage optimisé pose aussi problème. Quand le ciblage optimisé est activé sur un groupe d’annonces qui contient des audiences de remarketing, Google peut étendre la diffusion hors de ces segments. La correction est simple : un groupe pour le remarketing, ciblage optimisé désactivé ; un autre groupe pour les nouvelles audiences, ciblage optimisé activé.
Pour les e-commerçants, laisser le flux Merchant Center débranché coûte cher. Cette connexion est facultative dans l’interface mais elle seule permet à Demand Gen d’afficher les produits avec leur prix dans les annonces. Sans elle, les annonces restent génériques. La configuration se fait depuis les paramètres de campagne, sous « Flux de produits ».
Budget et ROAS : les seuils réels pour une PME
Les recommandations par défaut de l’interface Google Ads sont calibrées pour des comptes qui gèrent plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois. Une PME de 10 à 20 salariés qui applique ces seuils sans les adapter cramera son budget test avant d’avoir des données exploitables.
Pour un premier test viable, comptez 1 500 € sur 30 jours, soit 50 €/jour. Ce budget laisse à l’algorithme une semaine environ pour sortir de la phase d’apprentissage, puis 3 semaines pour produire des données utiles. Pour calculer un budget cible, multipliez le tCPA visé par 15 : un tCPA de 20 € appelle un budget de 300 €/jour, un tCPA de 50 € appelle 750 €/jour. Ces chiffres s’appliquent aux comptes qui veulent activer le tROAS dès le départ.
Avec un budget plus contraint, 15 à 30 €/jour, Demand Gen peut tourner en « Maximiser les clics ». L’objectif n’est alors pas la conversion directe mais l’alimentation du retargeting et la hausse des requêtes de marque. Mesurez le Search Lift plutôt que le ROAS direct dans ce cas.
Le cas Cropp, enseigne mode documentée par Google, illustre ce qu’une exécution soignée permet d’atteindre : force d’annonce « Excellent », audiences recommandées, Merchant Center connecté, pour un résultat de +50% de ROAS sur les ventes en ligne. Ce chiffre reflète des conditions optimales plutôt qu’une performance moyenne à attendre par défaut.
Ce qui change au 17 août 2026 pour les enchères basées sur un objectif
À partir du 17 août 2026, Google Ads applique un contrôle plus strict aux campagnes limitées par le budget qui utilisent une stratégie d’enchères basée sur un objectif, tCPA comme tROAS. Cela concerne aussi Demand Gen. Le principe : une campagne qui délivrait des résultats meilleurs que l’objectif fixé est désormais ramenée vers cet objectif, pas vers sa performance réelle. Google Ads a envoyé les notifications aux comptes concernés début juillet 2026, avec un outil d’ajustement des objectifs déployé quelques jours plus tard dans les comptes identifiés.
Pour une PME, la conséquence pratique est directe : un tCPA ou un tROAS réglé plusieurs mois plus tôt, sur une base de performance qui s’est améliorée depuis, doit être recalé avant cette date. Sinon, le compte perd les gains obtenus par l’algorithme au fil du temps, sans que le budget change. Un objectif mal recalé ne se rattrape pas tout seul. Il se paie, mois après mois.
